Historique

Senones, capitale de l’ex-Principauté de Salm rattachée à la France en 1793.

Selon la tradition, l’Abbaye de Senones fut fondée au VIIe siècle vers l’an 640 par Saint Gondelbert, qui aurait été évêque de Sens. Dès la fin du VIIIe siècle, l’Abbaye devenue Abbaye épiscopale, dont le développement et la richesse augmentent, fait appel à des voués chargés de veiller aux intérêts des religieux et de défendre le territoire ecclésiastique qui s’étendait sur la Haute Vallée du Rabodeau, une partie de la Haute Vallée de la Bruche, et une partie de la Vallée de la Plaine.

À partir du début du XIIe siècle, c’est la Maison de Salm qui assure la fonction de voué. La puissance des « protecteurs » de l’Abbaye augmente et finit par s’imposer aux abbés et les dépouille de leurs pouvoirs temporels par un coup d’état perpétré en 1571 par le Comte lorrain Jean IX et le Comte Frédéric, comte sauvage du Rhin.

 Le 21 décembre 1751, un partage des terres de Salm a lieu entre les héritiers, une partie est rattachée à la Lorraine, l’autre devient la Principauté de Salm-Salm, dont Senones est la capitale. Ce petit état dépend juridiquement du Saint-Empire Germanique, mais économiquement de la France (les Principautois ont le droit de commercer librement avec le marché de Raon L’Étape).

Parmi les abbés les plus célèbres, il faut mentionner Dom Calmet qui fut abbé de Senones de 1728 à 1757. C’est à lui que l’on doit l’aspect actuel de l’Abbaye de Senones. Cet érudit déployait une activité intellectuelle intense et possédait une bibliothèque si riche, qu’elle attira notamment Voltaire en 1754. 
C’est au même siècle que le Prince Nicolas Léopold construit le premier Château en 1754 et que le Prince Louis Charles Othon construit le deuxième Château en 1773-1778, donnant au centre ancien de Senones l’aspect actuel.

La période de la Révolution Française est marquée par le départ du Prince dans ses autres territoires allemands et aboutit, du fait de l’arrêt échanges commerciaux avec la France qui engendre la famine dans la Principauté de Salm, au rattachement de la Principauté de Salm le 02 mars 1793 à la République.

 Le XIXe siècle a vu l’éclosion et l’explosion de l’industrie textile à Senones. La vente comme biens nationaux de l’Abbaye et des biens du Prince aboutit à l’installation en 1806 de la première filature mécanique de coton du Département des Vosges sous l’impulsion de l’ingénieur anglais John Heywood. Ce fut le point de départ de l’industrialisation de Senones et de la Vallée du Rabodeau qui culmina avec la famille Seillière pendant 40 ans au cours de ce XIXe siècle et les établissements Boussac et Laederich au XXe siècle.

C’est en 1898 qu’un autre membre de la dynastie des Seillière, le Baron Frédéric publia : Document pour servir à l’histoire de la Principauté de Salm en Vosges et de la ville de Senones, sa capitale. Le Baron Frédéric Seillière avait auparavant retrouvé dans l’église les ossements de Dom Calmet et fait ériger le monument actuel.
 Le début du XXe siècle fut marqué, outre la poursuite du développement textile déjà cité, par l’exploitation des Carrières de granit dont le plus réputé le « feuille morte » fut notamment utilisé au Pont Alexandre III à Paris.

Senones fut durement éprouvée au cours des deux Guerres Mondiales. Située sur la ligne de front en 1914-1918, il y eut de nombreuses victimes civiles et militaires. De nombreux vestiges sont visibles notamment sur la ligne de Crête de la Roche Mère Henry au Mont Pelé, où l’on trouve un monument à la gloire des soldats érigé par Monsieur Sartorio.
En 1944, la ville connut le drame de la Déportation puisque sur 354 hommes emmenés le 06 octobre, 245 périrent dans les Camps de Concentration.

Pour plus d’informations sur l’historique de la ville, nous vous invitons à visiter le site de l’Office de tourisme du Pays des Abbayes

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